Le coffre à gants

Aujourd’hui, j’ai envie de te parler de quelque chose de particulier. La «compartimentalité» Je ne sais pas si le mot existe pour de vrai, mais bien honnêtement, je m’en fous un peu parce que je trouve que ça reflète exactement ce que je veux dire et que je ne suis pas dans une joute compétitive de Scrabble.

Compartimentalité Définition Deequipédia

  • Compartiment: petite place délimitée par son contour qui sert à mettre des choses dedans.
  • Mental: petite place délimité par son contour qui nous empêche d’aller au-delà de ce que l’on perçoit.
  • Ment: ce que l’on se raconte à soi-même pour se faire croire que nous sommes dans notre droit, que c’est comme cela que les choses/événements/personnes doivent être pris en compte.
Commence-tu à voir où je m'en vais avec ça?

Des croyances qui ont la vie dure

Une fois de temps à autres je sors de mon ordinaire pour avoir un accès de conscience. Jamais planifié, plus souvent qu’autrement ça me tombe dessus comme une tonne de briques.

Jadis, la guerre.

Mes parents sont des gens forts. Des gens qui ont appris à survivre, qui tiennent le cap «no matter what», qui ne coulent pas de larmes devant leurs enfants (ou si rarement que ça en fait des événements).

Pour ma part, je suis plutôt hypersensible et à fleur de peau. Ça « clash » un peu, comme dirait l’other.

Ce clivage entre ma croyance de ce que c’est d’être fort et MOI, m’a amenée à compartimenter ma vie pour la rendre plus douce et plus supportable. Les arrêtes entre mes compartiments étaient si affûtées qu’elles coupaient tout net ce qui tentait de s’y glisser au dehors.

J’ai eu beaucoup de plaisirs sans culpabilité de cette façon. Je ne faisais pas dans la dentelle, je jetais par-dessus bord sans remords, je refoulais les sentiments forts pour éviter les meurtrissures, je défiais, je testais les limites… sans reconnaître les miennes que je voyais comme des chaînes. Je chérissais ce sentiment de toute puissance de celle qui ne se laisse pas ébranler facilement. De celle qui est capable de remettre quelqu’un à sa place parce qu’il le mérite, de la justicière, de l’amie forte, etc.

Jusqu’à ce jour où j’ai réalisé que tout ce temps, je ne laissais pas vraiment l’amour entrer. Tout ce temps, je ne croyais pas que l’on puisse réellement m’aimer. Voilà ce que je fuyais à tout prix. Ça a pris plusieurs échecs amoureux, plusieurs départs et plusieurs décès pour réaliser tout ce que je m’étais fait manquer. Probablement mon plus grand regret à ce jour.

Tout ce que je me suis fait endurer pour me convaincre que j’étais inatteignable.

Finalement j’ai compris que le prodige ne se trouve pas dans tenir l’autre à distance, il tient à le laisser entrer; il tient à accepter le sentiment qui monte, à lui donner son importance, à reconnaître ce qu’il bouge en nous et le laisser libre. Ne pas s’y accrocher. Pourquoi continuer de détester quelqu’un qui nous a fait du mal et qui a disparu de notre vie? Pourquoi se retenir de dire à quelqu’un qu’il nous fait sentir bien?

Porter le poids

Certainement, je ne suis pas unique. Si tu lis encore, peut-être que tu t’es perdu dans une recherche sur le gros G en tapant « diète » mais peut-être aussi que tu reconnais une part de vérité dans ce qui a été écrit plus haut. Peut-être as-tu vu ton reflet dans ce texte. Qui sait? Alors, raconte-moi si toi aussi tu portes le poids de ce que tu dis.

Pas clair? Ok, je m’explique. Souvent, je retiens quelque chose que je voudrais adresser à quelqu’un parce que je me demande comment ça sera compris ou comment cela affectera ma relation avec cette personne. En ce sens, je porte le poids de ce qui ne m’appartient pas. Je prends sur mon dos toute la responsabilité de ce que je communique. Hors, il se trouve que j’ai tort. Je suis responsable de ce que je dis mais à partir de la réception du message, pourquoi m’en faire?

Ma conscience , qui fait régulièrement des spots check et qui m’envoie des coucous énervants que je tente d’ignorer, me disait l’autre jour:

Tsé Steph, tu t’en fais trop et tu ne fais pas assez confiance. T’as l’impression que la personne en face de toi ne sera pas capable de prendre ton message pour ce qu’il est. C’est une maudine de belle façon que tu as de te défiler. Prends donc ton courage à deux mains, dis ce que tu as à dire. Avec le vocabulaire que tu as, tu devrais trouver un moyen de présenter ça honnêtement. Si l’autre garde le silence, déforme, ne te demande pas d’explication, ben ça lui appartient câlisse! Arrête de te sentir mal, de sentir que tu fais de la peine, de retenir… Bon Dieu! Tu sais quoi, ce que tu ne dis pas te paraît dans la face anyway ou s’entend vraiment pour presque n’importe quel sourd. Tout ceux qui te connaissent savent qu’il va pleuvoir quand tu gardes le silence, que tu arrêtes de niaiser ou de chanter. Permets-toi d’être qui tu es. Pas du cheap. Pas du toque. Si tu te fais rejeter, le match était nul en partant.

De retour chez Moi

Je ne peux pas argumenter avec ma conscience. C’est ma vérité. Peut-être pas la tienne mais la mienne. Je rentre à la maison. Je retourne en moi pour sonder ce qui s’y passe. Avec le COVID, on ne peut plus aller et venir comme on veut. Raison de plus pour ne plus fuir et faire des efforts pour aller mieux dans ma tête, mon coeur, ma vie, ma famille et ma demeure.

Je me suis longtemps intéressé aux autres pour ce qu’ils pouvaient m’apporter, souvent un divertissement de ma propre vie. Dans les dernieres années, j’en ai tiré beaucoup de sentiments d’échec, de manque et d’insatisfaction. J’ai envie de connaître ceux qui m’entoure parce que je les aime, parce que je veux les laisser entrer dans ma vie. Petit changement au programme, j’ai envie qu’ils me connaissent aussi, pas seulement un pâle reflet.

Je veux dépasser certaines situations que j’ai laissé devenir des poids, auxquelles j’ai permis de mettre un frein dans mon évolution. Je veux les laisser partir sans les regarder s’éloigner puisqu’elles deviendront sans importance. Je ne baisserai plus les yeux pour mettre quelqu’un à l’aise mais je vais les remplir de compassion et d’empathie. Je vais prendre du temps pour moi pour être au meilleur de moi-même pour guérir et être forte de mes expériences et en faire bénéficier ceux que j’aime.

Je veux le retour du printemps après cette saison morte qui dure depuis trop longtemps. Je veux prendre les enseignements offerts par ma vie, en assumant ma juste part et en me permettant d’être Moi. Je peux pleurer en public, rire très fort, prendre la défense d’un enfant innocent parler la bouche pleine, boire un peu trop, inviter trop de monde à la maison, aller me coucher pendant qu’ils y sont encore, laisser mes enfants se salir, jouer et parler fort, être en colère.

J’évite maintenant de médire, de me plaindre, d’accabler, de fuir, de procrastiner.

Je me donne le droit d’échouer. Je dose le repos et le travail sans me soucier de ce qu’il faudrait que je fasse pour être correcte. Je suis correcte quand je me sens bien avec ce que j’accomplis. Je pratique le lâcher-prise, en particulier de la culpabilité.

Décompartimentalité en cours

Le plus important pour l’instant est de sortir tout ce qui se trouve encore dans ces cases que j’ai astiquées pendant des années. Tout mettre pêle-mêle sur la table. Tout repasser et mettre au panier ce qui est obsolète, ce qui manque des pièces, ce qui me fait me sentir seule. Ah, je sais… «Ça va daitre lette!»

Garder, remettre en ordre et exposer des conseils, des parcelles d’amour, des souvenirs qui me font sentir belle et riche, des vérités instructives.

Je me permets de garder un compartiment: le coffre à gants. Sur la route, il arrive que je ne sache pas tout de suite quoi faire de ce que je viens d’accueillir à bord et que j’aie besoin d’un peu de temps pour trouver et éviter de me mentir.

Juste le temps…

Mood swings, danse hormonale, hurler à la lune et autres balançoires

Tu as accouché et ou allaité dans les 2 dernières années, lis bien ce qui suit. Ta blonde a accouché ou allaité dans les 2 dernières années, toi aussi tu ES intéressé.

T’es folle, Stéphanie.

Oui, je me parle de même desfois. J’étais couché dans mon lit avec mon grand de 3 ans pour la sieste. J’étais là, sur le dos, à me demander tout simplement: » What the FUCK is wrong with me?! » Rien de plus que ça. Ben, quin bin ta tuque, ça va te surprendre. Les HORMÔMES! Oui, je sais, ce sont les hormones. Mais comme la modification majeure de cet élément est due au fait que j’ai eu deux enfants, presque back-à-back, je préfère hormômes.

Ouais, j’ai fait un peu de recherche là-dessus, pis imagine-toi que tes hormones ne sont pas retournées à l’état  »apprivoisées » avant 2 ans après l’accouchement ou 2 ans après que tu aies fini d’allaiter. Pas pire, hein? Alors, en plus de te taper la grossesse, l’accouchement, les montées de lait, la douleur de la prise du sein, les nuits à ne pas dormir, les cycles déboussolés du retour des menstruations; tes hormones à l’état sauvage te font perdre la tête et penser que t’es à spin.

Des tours de manèges

Premier signal d’alerte évident à considérer: mes étourdissants sauts d’humeur. Ça allait et venait comme un balancier. Pas des balançoires de personne âgées, là! Non, monsieur. On parle de balançoires extrêmes que l’on retrouve dans les parcs d’attraction ou chez feu Michael Jackson. Je me disais, coudonc, est-ce qu’il y a juste moi qui n’est pas capable de revenir à MA version antérieure? Tu sais, la fille drôle, pleine d’énergie, fofolle mais pas barge. Ben, encore, spoiler alert: NON.

Je sais que si tu continues la lecture, tu te sens probablement concernée. Ou encore, t’es caché dans un garde-robe quelque part, ben tranquille, pendant que ta blonde pète une coche parce que le chien a mangé la mitaine du p’tit #quesséquonvafaireymanqueunemitaine #mondieulechien. Mais t’as pas peur, non monsieur!

T’as pas peur de ne plus jamais retrouver ta blonde, tu es plus fort que ça (souvent, presque tout le temps, desfois…)!

Peut-être même que ta valise est sur le bord de la porte. Je ne te juge pas, on se sauverait à moins. Attends quand même, il y a probablement quelque chose à faire. Je vais nuancer.

Voir son médecin

Oui, il a fallut que je me rende à l’évidence que je ne pouvais pas continuer sans aide. Pas sans détruire mon estime de moi si chèrement regagnée. Même si je fais tous les efforts du monde pour demeurer constante et stable, en ce moment, j’ai besoin d’un coup de pouce. J’en ai parlé à mon doc qui m’a gentiment expliqué que c’est normal et qu’il y a des choses que je peux faire pour aller mieux. La routine, par exemple. Se rassurer avec la routine, anticiper la journée, avoir des coups d’avance et pouvoir prendre ça plus relaxe avec les enfants en rentrant du travail.

Chouchouter ton réseau

S’assurer de continuer à nourrir ses amitiés. Continuer de sortir (pas ces temps-ci, mais il y a d’autres moyens qui existaient pour les amitiés longues distances avant la #COVID19) et de rencontrer ses amis et sa famille.

Une pilule, une petite granule

Évidemment, il y a la solution en comprimés. Je vais le dire, parce que j’assume ce que je fais pour m’aider et que si ça peut amener des gens à demander de l’aide, tant mieux. J’en prends. Ben oui. J’aimerais mieux ne pas avoir besoin de ça, mais je me suis dit que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour aller mieux et ça fait partie du plan de secours. Alors, je me passe la bouée et j’accepte qu’on m’aide à flotter. Ceux qui ne comprennent pas où qui jugent, #mencalisse. Sais-tu combien ton opinion t’appartient?

Voir son Psy

Tu peux prendre juste des pilules pour t’aider. Je vais te dire cela juste de même, l’opinion que tu as de toi-même joue énormément sur ton estime de toi et de comment tu vas répondre à ce qui t’arrive. Le fait que tu sois déboussolée, que tu aies besoin d’aller voir ton doc pour avoir de l’aide, que tu aies de la misère à donner à ta famille autant que tu souhaiterais, ça t’affecte directement. Réfléchis-y une seconde. Est-ce que tu te trouves plus ronde, moins désirable, plus irritable, incapable de prendre des décisions assumées, etc? Laisse-moi te suggérer de prendre ces difficultés-là comme une opportunité de régler des blessures sournoises et bien cachées, qui n’attendait que ta vulnérabilité (ou vulvérabilité … oui on a accouché, non les kegels c’est pas le fun à faire) pour te rebondir au visage. Ben oui, desfois tu pleures ta vie et tu ne sais pas pourquoi. Oui, les hormones sont en grande partie responsables de ce qui t’arrive. Ne sous-estime pas les bienfaits d’aller parler à quelqu’un qui ne racontera JAMAIS à qui que ce soit te secrets les plus darks, les plus fantasmiques, les plus insécures, les plus farfelus, etc. Oui, ta vie de couple a assurément changée et desfois on ne sait plus où tracer les lignes de l’acceptable ou de la normalité. Pas pour le reste du monde, mais pour soi. Pour que moi, Stéphanie Deschamps, je sois heureuse dans la vie. Pas pour ce que mes parents, mon chum ou mes enfants souhaitent ou me fassent comprendre ce qui est bon pour MOI.

Sortir dehors, faire du sport, méditer

Combinaison idéale parce que tu peux tout faire cela en même temps, en prenant une marche, en faisant du vélo, des squats ou des estik de kegels… N’importe quelle activité va t’aider. T’es pas en forme? Marche 5 minutes. Besoin de plus? Retournes-y dans la journée. Les enfants sont toujours là? Sors la poussette, le chariot n’importe quoi qui te permette de le faire.

Même à l’époque de l’épique-démique …

Le sport et la médiation vont t’aider à éliminer un surplus de stress que tu trimballes quotidiennement (de pair avec le surplus de poids).

Communication avec ton conjoint

Oui, absolument! Tu dois en parler à celui ou celle qui partage ta vie. Peut-être que pour toi, ce qui se brasse en dedans est une évidence. Pour lui ou elle, peut-être que c’est du rejet, peut-être que c’est un désintéressement ou peut-être aussi qu’il ou elle comprend BEAUCOUP PLUS que tu penses. Dis-toi que si tu gardes le statu quo, que tu ne parles pas, rien ne changera.

Tu vas spinner dans ta boue intérieure, en faire friser sur tout ce que tu touches et tu vas te sentir… sale. Elle va te recouvrir, tes enfants, ton couple, ton bouleau… tout.

Bien sûr que tu as peur. Moi aussi, j’ai peur. Peur de me tromper, peur de donner des munitions aux autres pendant cette période de vulnérabilité, peur de voir clair et de réaliser que je ne suis pas avec celui ou celle que je devrais, peur du contraire, de la même affaire, du peut-être que… si jamais… je deviens complètement FOLLE, juste à revirer tout cela de bord dans ma tête. Alors que, si je laisse un peu le drame de côté, le pire qui va arrive sera une prise de conscience et un lâcher-prise sur le passé et les doutes.

Loin d’être évident de SE choisir

Je n’ai pas dit que la démarche est facile, hein? Si tu lis encore, c’est parce que cet article resonne en toi. Peut-être même que ta petite voix t’implore depuis un certain temps pour que tu prennes position.

Relativiser

Tu sais pourquoi j’écris? Parce que je ne suis plus capable des images de parents parfaits qu’on voit partout et qui nous forcent à penser qu’on en fait pas assez parce qu’on ne mange pas bio, parce qu’on est pas au gym au moins 3 fois semaines, parce que les enfants ont écouté 1.5 h de télé l’autre jour parce que j’étais fatiguée; ces images me saoules! Elles me donnent le tournis.

Elles ne montrent pas papa tout nu, misérable à côté de la bassinette, cerné jusqu’aux aisselles, qui essaie d’endormir le petit pour la 4ième fois cette nuit. Elle ne montrent pas des parents au bord du gouffre, qui manque d’air pour eux-mêmes et leur couple. Parce que tout le monde mérite de passer au travers d’un article qui ne colle pas nécessairement à sa situation mais qui fait réfléchir. Parce que briser l’isolement c’est de dire aux autres: « Eille, t’es pas tout seul. »

J’ai une amie qui …

J’ai une idée. Parle-moi de quelqu’un que tu connais qui vit ça ou qui a vécu une expérience semblable. Dis-moi comment ça se passait pour il ou elle. Raconte-moi ce que cette personne a fait pour aller mieux et comment ça évolue. À Go, on se donne nos trucs.

MERCI

Je suis là, si tu te sens seule, si tu te sens perdue. Je passe à travers, moi aussi. Je pense que le pire est fait de mon côté, je suis capable d’en parler, de mettre cela public. Les gens qui lisent mes articles me rendent plus forte et me donnent du courage. Il me disent que je n’écris pas en vain. Même si j’écris pour moi au départ (exutoire), imaginer que je peux aider quelqu’un me rend fière.

Partage donc, on achète et on lit local! 😝

Si tu n’as pas ri une fois en lisant ça, je vais me forcer la prochaine fois. Si tu as souris, tu dois partager mon article à une personne à qui cela donnera le sourire aujourd’hui.

Le garçon invisible – Récit imaginaire d’un enfant avec des parents androïdes

Dans mon quartier, il y a un petit garçon tout rond et tout mignon. Il sourit à qui mieux mieux, d’un sourire figé pour se faire aimer. Il est souvent seul. Je le vois parfois à la fenêtre de sa maison. Il attend ou il regarde dehors. Il ne joue pas, il ne lit pas, il patiente.

Mais qu’est-ce qu’il peut bien attendre?

Ce petit garçon ne comprend pas ce qui lui arrive, il ne comprend pas pourquoi il se sent si seul.
Il n’a aucun frère ou sœur pour le divertir ou pour l’amener dans des histoires magiques qui l’extirperait de son quotidien. Pourtant, ses parents sont bien là.
Il semble qu’ils ne le voient pas. D’ailleurs, on dirait qu’ils ne voient personne. Ils ne discutent pas, ils ne jouent pas, ils ne s’engueulent même pas.
Une fausse harmonie, comme si tout le monde était de trop ici. Un silence à tuer l’amour.

Pendant que papa fini son repas devant la télé après une journée qui s’est étirée et que maman regarde son portable, que fait le garçon invisible? Il s’efface, de plus en plus. Il se dit qu’ils l’aimeraient probablement plus s’il ne les dérangeait pas, s’il se faisait léger et translucide. Mais c’est un petit garçon. Heureusement, il oublie….

Pendant qu’il joue sur le tapis au milieu du salon, il se laisse conquérir par son imagination et dans un élan de spontanéité créative, il invite ses parents à le rejoindre. Il n’a pas souvent la réponse qu’il souhaite, parfois, il n’a pas de réponse du tout. Alors, il se questionne. Pourquoi suis-je moins aimé par mes parents que les autres enfants? Qu’est-ce qui cloche chez moi? Il voit leur refus comme un autre échec. Il se sent coupable de ne pas « être assez » pour ses parents.

Pour se rattraper, il tente de leur faire des surprises. Le résultat est souvent un gâchis. Il se fait réprimander et dire qu’il « est de l’ouvrage », qu’il est « difficile ». Pourtant, son intention de rapprochement est pure. Il est contrarié. Pourquoi ne m’ont-ils pas pris dans leurs bras? Pourquoi ne m’ont-ils pas consolé après m’avoir disputé, même après que j’aie expliqué que je voulais leur faire plaisir?
Si ses propres parents l’abandonnent, son instinct de survie l’amène à tenter l’impossible pour se faire remarquer. Il sait qu’ils le voient quand il attire négativement leur attention. C’est la vrille descendante…

Mais c’est un petit garçon, il pleure puis il oublie… Heureusement, il recommence.

Parfois, ses parents sont tellement exaspérés que leur enfant ne se contienne pas qu’ils ne se retournent pas lorsqu’il les salue à la fenêtre. Quand il voudrait leur faire un câlin, on dirait qu’ils sont effrayés de plonger droit dans ses yeux pour s’apercevoir, voir leur propre reflet. Comme si l’image rendue les obligeait à changer, comme si elle les mettait devant l’évidence de la conséquence catastrophe des choix passés. Ils voient la lumière dans son regard, elle leur rappelle des souvenirs, les éblouit et leur donne la migraine. Ça leur fait tellement mal qu’ils préfèrent éteindre ce petit garçon, comme on le fait avec une lampe. Ils voudraient bien « tirer la plugg »…

Peut-être que ce petit garçon tout rond et tout mignon, cette grosse boule d’amour ambulante et collante, ne fait que leur rappeler douloureusement un moment de leur vie qui a disparu. Donc, ils le rejettent?

M’imaginer que j’ai raison me projette dans une telle furie! J’aurais envie de leur crier dessus, de brasser l’air et d’en faire une tornade qui les pourchasserait! Ils peuvent l’ignorer autant qu’ils veulent, il est toujours là. Il est là à les aimer de tout son cœur et à attendre qu’ils lui ouvrent leurs bras.
Vous, qui manquez d’amour pour vous-mêmes et pour les autres, il y a quelqu’un qui vous pardonne tout, vous donne une millième chance, allez-vous réellement l’anéantir? Pourquoi ne pas lui ouvrir pleinement votre cœur? Pourquoi ne pas vous donner cette chance de vivre d’amour? Quelle absurdité, enfin!

Il sera difficile de rattraper ce manque cruel de tendresse et cette incohérence.

Combien cela est-il incohérent de se faire rejeter par ceux qui vous ont mis au monde? J’imagine la solitude et l’impuissance qui pèsent sur cet enfant. La culpabilité s’apprend, vous en savez quelque chose. Comment rectifier le tir? Encore faut-il être conscient de soi-même et de nos sentiments pour apprivoiser ses craintes, en prendre la responsabilité et relever la tête pour croiser les autres cœurs sur la route.

On dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Ainsi, je fais ma toute petite part. Au parc, je le regarde dans les yeux et le salue au passage. Je lui souris et j’insiste pour qu’il comprenne que je le vois. Je l’invite à me retourner mes « bye-bye » quand je passe près de lui. Je l’incite à jouer avec mon fils et je lui dis aurevoir quand je pars. Autant de simples gestes qui changent de se faire laisser de côté.
Quand je pense à ses parents, il me vient l’envie de les ignorer et je l’ai fait. Pour me rendre compte qu’ils réagissent absolument de la même façon que leur petit garçon tout mignon, tout rond. Alors, j’imagine que je comprends.

Cette histoire me touche beaucoup et me donne envie de faire le maximum pour que mon petit se développe avec assurance et confiance en lui-même, en ses parents, les humains, les animaux et la vie en général. Elle me motive à demeurer vigilante dans ce que je dégage, ce que je donne et de quelle façon et à demeurer en formation continue de ma vie.

Merci.

Je considère comme ma famille, toutes ces personnes qui sont encore présentes aujourd’hui ou qui n’ont été que de passage mais qui ont eu un rôle significatif dans mon développement. Ces gens entièrement présents de cœur et d’esprit, qui possédaient le souci de transmettre leur amour, leurs valeurs, leurs idées un peu saugrenues, leur grain de folie, leur goût pour l’art et pour la vie. Je sais que la Vie n’offre pas le même départ à tout le monde. Ils me permettent de m’appuyer sur mes souvenirs et d’aller puiser l’amour dont j’ai besoin pour avancer.

Je ne te souhaite que du bonheur. À toi, la petite lumière dans la nuit.

À ce petit garçon tout mignon, tout rond qui deviendra grand, je te souhaite de bien choisir ta route, de bien t’entourer de personnes qui te veulent du bien, d’expérimenter consciemment la vie et de l’ancrer dans ton corps. Je te souhaite de sublimer ce manque de tendresse dont tu as souffert en compassion. La terre en a manqué cruellement, comme tu as manqué d’affection.
Je souhaite aussi que tu saches que ceux mis à plus rude épreuve, peuvent devenir des sources d’inspiration incroyables quand ils comprennent qu’ils font une différence pour eux-mêmes et que la puissance émane de l’intérieur.

Je ne peux ignorer cet enfant qui n’a pas choisi de grandir dans un contexte aussi pauvre en échanges humains, en communication d’ouverture et d’amour sans condition. Je partage ce récit aujourd’hui parce que je crois sincèrement qu’une prise de conscience peut tout changer. J’ai été élevée pour dire la vérité et l’apprécier même quand elle s’abattait sur moi comme une tonne de briques. À ces parents qui sont dérangés par leurs enfants, à ces parents qui préfèrent leurs téléphones intelligents alors qu’ils peuvent passer du temps avec leurs enfants et à nous tous qui ne prenons pas suffisamment de temps pour ceux que l’on aime, je nous dédie ce récit.

Retour au travail après un congé de maternité | 5 Trucs et astuces pour un retour en douceur

Les joies de la maternité ? Elles sont nombreuses ! Rassurez-vous, je ne suis pas ici pour vous combler de bonheur par association en vous faisant la liste de tous ces petites choses qui font que les parents s’émerveillent chaque jour.  Remarquez, on s’énerve aussi.

Avoir des enfants c’est merveilleux (Ah ? Je l’ai déjà dit ? Sûre ? Oui, bon…). Ok, mais ne perdons pas de vue que nous reviendrons éventuellement à la routine calèche-boulot–insomnie. Cette année de miel va inévitablement se terminer.

Pour la petite histoire et pour ceux qui se joignent à nous, c’est mon deuxième enfant et donc deuxième retour au travail. Le fait de savoir à quoi m’attendre m’a aidée un peu. Je n’ai pas trop pleuré cette fois-ci. Je découvre cependant que la maternité m’habite désormais 2 fois plus et que j’attends de l’univers qu’il me donne le moyen de retourner auprès de mes enfants le plus tôt possible, chaque jour.

J’aimerais avoir un emploi qui me permette de les garder avec moi une majeure partie de la semaine, mais est-ce que c’est réaliste tant qu’ils sont totalement dépendants? Je n’en suis pas certaine. Si vous avez une solution, svp, inondez-moi de vos commentaires que je puisse faire des changements à ma situation. Note à mon employeur actuel : je ne quitterai pas à court terme, je n’en ai pas les moyens. Inutile de vous inquiéter. 😉

En attendant, je vais profiter de mes temps de pause ou de dîner pour me libérer de mes émotions et retourner la situation en quelque chose qui va m’apporter plus que des soupirs. Alors, pour une conversion tout en positif et pour aider d’autres parents qui vont inévitablement passer par là, laissez-moi vous partager quelques trucs.

Les 5 meilleurs trucs et astuces pour un retour au travail plus en douceur

Partagez vos inquiétudes et vos difficultés avec Kekun

Kekun est ben fin parce qu’il est toujours là. C’est celui qu’on choisi dans l’urgence, celui qui nous écoute brailler comme un veau ou rire tellement qu’on en morve.  Tu dois aller voir Kekun pour extériorisez ce que ça TE fait vivre. SANS CULPABILISER. Ça se peut que tu le vives super bien ton retour au travail et que tu frémisses de joie en pensant à chaque dîner chaud que tu savoureras sans interruption. Il n’y a pas à avoir honte d’embrasser son retour au travail. Si, au contraire, tu brailles chaque matin en déposant les enfants à la garderie ; c’est correct aussi. Partager avec Kekun va t’aider à te remettre à respirer, à mettre de l’humour dans la situation pis peut-être d’entendre des trucs qui vont t’inspirer ou te révolter: but recherché atteint ! Tu as changé de « mood ».

Autre point positif, certaine personne vont peut-être pousser l’audace jusqu’à te dire quoi faire, te proposeront peut-être des échanges de services ou montreront un intérêt à t’aider. Un conseil: écoute sélective et vraie. Prends ce qui fait ton affaire mais ouvre quand même tes oreilles à ce qui est vrai (même si c’est dur ou que ça t’écorche au passage). T’es plus fort(e) que ça, t’es un parent.

Entendez-vous avec votre partenaire de vie sur le déroulement des journées

Ici, JE ne suis clairement pas du matin.

Moi. Avant mon café du matin.

Mon partenaire s’occupe des enfants le matin, ce qui me permet d’être au travail très tôt et de prendre les enfants de bonne heure après leur sieste. Ça me donne un sentiment de liberté. De son côté, le plus souvent, il arrivera quand le souper sera prêt et la routine du bain presque achevée. Gagnant- gagnant.

Tu es monoparental ? Peut-être que quelqu’un dans ton entourage pourrait te donner une petite pause dans ta semaine ? Tu sais, aller chercher les enfants et entamer la routine du soir avec eux. Retour au Truc numéro 1. Si tu ne parles pas de ce que tu vis, personne ne peut t’aider ou te proposer de solution.

Prévoir la journée du lendemain

Tellement cliché mais tellement vrai ! Essaie d’aller vite pour faire un pâté chinois avec un bloc de bœuf haché congelé et des patates germées ! Essaie d’arriver à l’heure à la garderie quand ton bébé s’est réveillé toute la nuit, qu’il ne reste plus de lait pour déjeuner et que les bas son tous au lavage. Il faut apprendre à inclure dans les routines du soir Ton TO DO liste pour le lendemain :

  • Lunchs (pour les parents aussi !)
  • Linge pour TOUT le monde (ça inclue toi aussi le parent)
  • Accessoires pour activités prévues à la garderie
  • Purée (si encore nécessaires)
  • Tout ce que la garderie a mis sur ta liste
  • Écrire ta liste de tout ce que tu dois aller chercher pendant la journée ou après le travail.
    • Oui, parce qu’une maman de deux enfants, travailleur à temps plein, ne doit jamais manquer ni de cache-cerne ni de mascara.
  • Calendrier (est-ce qu’on a des rendez-vous, demain ?)

N’hésite pas à ajouter quelque chose que j’aurais oublié en écrivant un commentaire !

Planifier un temps pour souffler

Une autre raison qui peut forcer de la joie dans ton cœur de mère obligée de retourner travailler c’est que tu as peut-être des espaces au travail pour faire quelque chose que tu aimes et que tu n’as pas le temps de faire à la maison. Peut-être que ton entreprise offre un gym aux employés?

Peut-être que tu as une pause de 15 minutes dans ta journée qui te permet de commencer la lecture d’un livre que tu as envie de lire depuis longtemps. Peut-être aussi que tu as besoin de prendre l’air et que de sortir dehors pour marcher. Parfois, on peut combiner marcher ET faire des courses (astuce numéro 3).

Tu DOIS trouver un moment dans ta journée pour prendre conscience de ton corps, de ta respiration et de ta personne. Tu t’es beaucoup donné(e) à ta famille dernièrement. C’est le moment de réécouter ta voix intérieure qui te rappelle ce que tu aimes faire et qui tu es d’autre qu’un parent. Personnellement, je décompresse surtout en allant marcher ou en écoutant de la musique « au bout » dans l’auto et en chantant (hurlant) en revenant du travail.

Prendre un 15 minutes dehors avec les enfants au moment du retour.

Dernier truc mais non le moindre. Tu viens d’aller les chercher à la garderie, ils sont normalement habillés pour affronter la température. Fais donc un détour par le parc ou reste dehors à la maison pour jouer un petit 15. Ça empêche de passer d’un stress à l’autre sans s’arrêter. Ça montre à ton enfant qu’il est ta priorité parce que la première chose que tu fais en allant le chercher c’est de jouer avec lui. Même si ce n’est pas long. Même s’il voudrait rentrer et écouter la télé. Même si t’es crevée et que tu vois juste tout ce qu’il y a à faire en rentrant. Tu en as de besoin et ton ti-pet aussi. Rassure-toi, le 15 minutes passé ici va t’en faire sauver minimum autant dans la soirée. Ton mini va être plus relax, plus satisfait et plus en confiance. Tes messages vont mieux passer parce que tu auras su être à l’écoute. Surtout si ton cell est demeuré dans tes poches pendant ce 15 minutes-là. Je dis ça, je ne dis rien….

J’aimerais t’entendre sur les trucs qui t’aident ou t’ont aidé à faire la transition entre le congé et le retour au travail.

C’est ma première semaine et je vais prendre toute l’aide que tu pourras me donner.

Nous sommes des parents. Nous restons positifs et nous nous entraidons. (nouveau mantrat à adopter si tu veux.)