Un poème cliché sur le vif

Quand le ciel et la mer s’unissent dans les cieux, ils nous rappellent l’immensité et la profondeur de l’harmonie.

Ils nous rapportent à l’essentiel, à la nécessité de se taire pour observer.

Ils nous enseignent qu’une contemplation peut devenir une méditation.

Ils nous entraînent dans le moment présent parce que cette grandiosité est une synchronicité parfaite des éléments: lumière, noirceur, angle, reflet et ouverture.

Elle n’est pas éternelle.

Comme nous.

Comme nos enfants.

Comme l’équilibre.

Soyez bons, dans l’instant présent. Offrez le meilleur de vous-même à chaque instant. Soyez cette perfection immortalisée dans la poésie de ce cliché.

L’océan a pris d’assaut le ciel.

Nous sommes des poussières dans l’univers; aussi bien virevolter dans la lumière pour s’émerveiller devant combien la magie opère pour l’enfant en nous.

Le coffre à gants

Aujourd’hui, j’ai envie de te parler de quelque chose de particulier. La «compartimentalité» Je ne sais pas si le mot existe pour de vrai, mais bien honnêtement, je m’en fous un peu parce que je trouve que ça reflète exactement ce que je veux dire et que je ne suis pas dans une joute compétitive de Scrabble.

Compartimentalité Définition Deequipédia

  • Compartiment: petite place délimitée par son contour qui sert à mettre des choses dedans.
  • Mental: petite place délimité par son contour qui nous empêche d’aller au-delà de ce que l’on perçoit.
  • Ment: ce que l’on se raconte à soi-même pour se faire croire que nous sommes dans notre droit, que c’est comme cela que les choses/événements/personnes doivent être pris en compte.
Commence-tu à voir où je m'en vais avec ça?

Des croyances qui ont la vie dure

Une fois de temps à autres je sors de mon ordinaire pour avoir un accès de conscience. Jamais planifié, plus souvent qu’autrement ça me tombe dessus comme une tonne de briques.

Jadis, la guerre.

Mes parents sont des gens forts. Des gens qui ont appris à survivre, qui tiennent le cap «no matter what», qui ne coulent pas de larmes devant leurs enfants (ou si rarement que ça en fait des événements).

Pour ma part, je suis plutôt hypersensible et à fleur de peau. Ça « clash » un peu, comme dirait l’other.

Ce clivage entre ma croyance de ce que c’est d’être fort et MOI, m’a amenée à compartimenter ma vie pour la rendre plus douce et plus supportable. Les arrêtes entre mes compartiments étaient si affûtées qu’elles coupaient tout net ce qui tentait de s’y glisser au dehors.

J’ai eu beaucoup de plaisirs sans culpabilité de cette façon. Je ne faisais pas dans la dentelle, je jetais par-dessus bord sans remords, je refoulais les sentiments forts pour éviter les meurtrissures, je défiais, je testais les limites… sans reconnaître les miennes que je voyais comme des chaînes. Je chérissais ce sentiment de toute puissance de celle qui ne se laisse pas ébranler facilement. De celle qui est capable de remettre quelqu’un à sa place parce qu’il le mérite, de la justicière, de l’amie forte, etc.

Jusqu’à ce jour où j’ai réalisé que tout ce temps, je ne laissais pas vraiment l’amour entrer. Tout ce temps, je ne croyais pas que l’on puisse réellement m’aimer. Voilà ce que je fuyais à tout prix. Ça a pris plusieurs échecs amoureux, plusieurs départs et plusieurs décès pour réaliser tout ce que je m’étais fait manquer. Probablement mon plus grand regret à ce jour.

Tout ce que je me suis fait endurer pour me convaincre que j’étais inatteignable.

Finalement j’ai compris que le prodige ne se trouve pas dans tenir l’autre à distance, il tient à le laisser entrer; il tient à accepter le sentiment qui monte, à lui donner son importance, à reconnaître ce qu’il bouge en nous et le laisser libre. Ne pas s’y accrocher. Pourquoi continuer de détester quelqu’un qui nous a fait du mal et qui a disparu de notre vie? Pourquoi se retenir de dire à quelqu’un qu’il nous fait sentir bien?

Porter le poids

Certainement, je ne suis pas unique. Si tu lis encore, peut-être que tu t’es perdu dans une recherche sur le gros G en tapant « diète » mais peut-être aussi que tu reconnais une part de vérité dans ce qui a été écrit plus haut. Peut-être as-tu vu ton reflet dans ce texte. Qui sait? Alors, raconte-moi si toi aussi tu portes le poids de ce que tu dis.

Pas clair? Ok, je m’explique. Souvent, je retiens quelque chose que je voudrais adresser à quelqu’un parce que je me demande comment ça sera compris ou comment cela affectera ma relation avec cette personne. En ce sens, je porte le poids de ce qui ne m’appartient pas. Je prends sur mon dos toute la responsabilité de ce que je communique. Hors, il se trouve que j’ai tort. Je suis responsable de ce que je dis mais à partir de la réception du message, pourquoi m’en faire?

Ma conscience , qui fait régulièrement des spots check et qui m’envoie des coucous énervants que je tente d’ignorer, me disait l’autre jour:

Tsé Steph, tu t’en fais trop et tu ne fais pas assez confiance. T’as l’impression que la personne en face de toi ne sera pas capable de prendre ton message pour ce qu’il est. C’est une maudine de belle façon que tu as de te défiler. Prends donc ton courage à deux mains, dis ce que tu as à dire. Avec le vocabulaire que tu as, tu devrais trouver un moyen de présenter ça honnêtement. Si l’autre garde le silence, déforme, ne te demande pas d’explication, ben ça lui appartient câlisse! Arrête de te sentir mal, de sentir que tu fais de la peine, de retenir… Bon Dieu! Tu sais quoi, ce que tu ne dis pas te paraît dans la face anyway ou s’entend vraiment pour presque n’importe quel sourd. Tout ceux qui te connaissent savent qu’il va pleuvoir quand tu gardes le silence, que tu arrêtes de niaiser ou de chanter. Permets-toi d’être qui tu es. Pas du cheap. Pas du toque. Si tu te fais rejeter, le match était nul en partant.

De retour chez Moi

Je ne peux pas argumenter avec ma conscience. C’est ma vérité. Peut-être pas la tienne mais la mienne. Je rentre à la maison. Je retourne en moi pour sonder ce qui s’y passe. Avec le COVID, on ne peut plus aller et venir comme on veut. Raison de plus pour ne plus fuir et faire des efforts pour aller mieux dans ma tête, mon coeur, ma vie, ma famille et ma demeure.

Je me suis longtemps intéressé aux autres pour ce qu’ils pouvaient m’apporter, souvent un divertissement de ma propre vie. Dans les dernieres années, j’en ai tiré beaucoup de sentiments d’échec, de manque et d’insatisfaction. J’ai envie de connaître ceux qui m’entoure parce que je les aime, parce que je veux les laisser entrer dans ma vie. Petit changement au programme, j’ai envie qu’ils me connaissent aussi, pas seulement un pâle reflet.

Je veux dépasser certaines situations que j’ai laissé devenir des poids, auxquelles j’ai permis de mettre un frein dans mon évolution. Je veux les laisser partir sans les regarder s’éloigner puisqu’elles deviendront sans importance. Je ne baisserai plus les yeux pour mettre quelqu’un à l’aise mais je vais les remplir de compassion et d’empathie. Je vais prendre du temps pour moi pour être au meilleur de moi-même pour guérir et être forte de mes expériences et en faire bénéficier ceux que j’aime.

Je veux le retour du printemps après cette saison morte qui dure depuis trop longtemps. Je veux prendre les enseignements offerts par ma vie, en assumant ma juste part et en me permettant d’être Moi. Je peux pleurer en public, rire très fort, prendre la défense d’un enfant innocent parler la bouche pleine, boire un peu trop, inviter trop de monde à la maison, aller me coucher pendant qu’ils y sont encore, laisser mes enfants se salir, jouer et parler fort, être en colère.

J’évite maintenant de médire, de me plaindre, d’accabler, de fuir, de procrastiner.

Je me donne le droit d’échouer. Je dose le repos et le travail sans me soucier de ce qu’il faudrait que je fasse pour être correcte. Je suis correcte quand je me sens bien avec ce que j’accomplis. Je pratique le lâcher-prise, en particulier de la culpabilité.

Décompartimentalité en cours

Le plus important pour l’instant est de sortir tout ce qui se trouve encore dans ces cases que j’ai astiquées pendant des années. Tout mettre pêle-mêle sur la table. Tout repasser et mettre au panier ce qui est obsolète, ce qui manque des pièces, ce qui me fait me sentir seule. Ah, je sais… «Ça va daitre lette!»

Garder, remettre en ordre et exposer des conseils, des parcelles d’amour, des souvenirs qui me font sentir belle et riche, des vérités instructives.

Je me permets de garder un compartiment: le coffre à gants. Sur la route, il arrive que je ne sache pas tout de suite quoi faire de ce que je viens d’accueillir à bord et que j’aie besoin d’un peu de temps pour trouver et éviter de me mentir.

Juste le temps…

Les temps sont dures pour les jardiniers. À toi mon fidèle ami.

Câline, je ne sais pas par où commencer. J’ai un bon ami qui est jardinier, il me parle souvent de son métier. Il est tellement passionné que son enthousiasme est contagieux. J’ai décidé d’écrire cet article suite à son dernier post du 5 avril où il répond à son homologue de Victoriaville.

Je sais à quel point cette période est une période normalement stressante pour tous ceux qui exercent la profession. Non seulement ils dépendent de tout un tas de facteurs (températures, approvisionnement, logistique, manque de personnel, etc.) et ne peuvent pas prévoir le déroulement de la saison; il fallait que le #COVID19 s’en mêle!

Avoir une jardinerie, un centre jardin, un magasin pour les rêveurs; c’est pas pour les peureux!

Tout d’abord, ce sont des gros coûts avant même que le consommateur réalise qu’il se passe quelque chose au centre jardin. Puis, même si ce sont des endroits magiques, la besogne ne se fait pas toute seule. On est loin d’Harry Potter. C’est plutôt:  »Boulot, jus de bras, respect des échéances et rock’n’roll. »

Le travail à abattre est colossal avant que l’on ne soit prêt à vous accueillir dans les serres où la thérapie de la couleur se fait immédiatement sentir. Vous êtes énervés d’aller agrémenter votre lieu de vie avec des fleurs et des vivaces et de vous bourrer la face dans votre potager (grand bien vous fasse, c’est délicieux!); mais il ne faut pas ignorer tout ce que ça prend comme efforts pour vous livrer ça. ET, ça continue toute la saison. Au fait, si vous êtes intéressés à connaitre les dessous du métiers (sûrement que ces jours-ci vous avez mieux à faire, mais j’insiste…), je vous invite à regarder les vidéos produits par les Jardins André Carbonneau. Saviez-vous qu’il est passé au téléjournal et que l’un de ses vidéos a été vu a plus de 300 000 fois? C’est un gars extraordinaire. Aimez donc sa page au passage et puis écrivez-lui un petit mot en soutien. Je vous dis ça parce que son message a été entendu mais qu’il reste du chemin à parcourir pour que les bottines suivent les babines, comme on dit.

Je vous propose d’inonder le net avec #monjardinierestessentiel comme nouveau hashtag en soutien au jardineries du Québec. Qu’est-ce que ça vous coûte?

On leur a dit que la production de légumes était essentielle. Le vidéo d’André a fait reconnaître au gouvernement que la production de plants de légumes rendait leur travail essentiel. Seulement, il semble qu’ils ne pourront pas ouvrir leur portes pour écouler leurs stocks si la pandémie continue. En plus, on leur refuserait le droit de préparer des commandes qui seraient livrées ou ramassées sans contact.

Le sentiment d’injustice qui soulève l’industrie est, à mon sens, parfaitement légitime. Comment se fait-il que les grands empires conservent le pouvoir de continuer leurs activités sans restrictions, alors que les micros-petites-moyennes entreprises de ce monde vont peut-être devoir fermer définitivement? Dans le cas spécifique des jardineries, qui produisent des plants de légumes essentiels à nourrir la population; pourquoi leur permettre la production mais leur refuser la vente sans contact? Vous savez si les grandes surfaces vont, pour leur part, continuer de vendre ces plants de légumes normalement? Il semble que oui.

Les deux côtés de la bouche

D’un côté de la bouche, le gouvernement annonce de l’aide et créé même une plateforme d’achat local; de l’autre, il met à mort ces entreprises locales en leur refusant le droit de continuer leurs activités même quand il leur est possible de le faire en respectant les règles de sécurité. Je suis perplexe. Je ne me positionne pas souvent politiquement et je trouve que le gouvernement du Québec fait un excellent travail en apportant l’aide aux citoyens rapidement; mais la sandale blesse (ben oui, ça va être l’été bientôt), ici.

Pourquoi les grandes bannières continueraient de fournir les consommateurs en produits non essentiels, alors qu’il est interdit aux plus petits de le faire? Ma réflexion va comme suit:

Scénario actuel (corrigez-moi si je me trompe, svp)

  • Demander à la population de rester à la maison et de ne sortir que pour se procurer le nécessaire.
  • Être obligé de donner des amendes pour que ce soit respecté.
  • Des grandes surfaces qui offrent toute la gamme de produits habituels.
  • Des gens qui sortent pour faire du magasinage parce qu’ils en ont marre d’être en confinement.
  • Des gens qui parcourent de plus grandes distances parce que les produits disponibles ne sont pas les mêmes partout.
  • Résultat : Éloignement partiel du but recherché d’aplanir la fameuse courbe.

Solution 1 (drastique)

  • Le nécessaire dans les magasins locaux
  • Suffisamment de produits pour la population
  • Des gens qui sortent pour se procurer le nécessaire et revenir à la maison tout de suite après parce qu’il n’y a rien d’autre à faire.
  • Restreint automatiquement les déplacements sans faire intervenir les autorités.
  • D’autres raisons de rassemblement demeurent un problème mais on a plus de temps pour les gérer.
  • Résultat: Maintien des iniquités et favoritisme des grands lobbys

Solution 2

  • Le nécessaire dans les magasins locaux déclarés essentiels et la possibilité de ramassage sans contact dans les autres commerces qui peuvent assurer un respect des règles.
  • Les grandes surfaces peuvent vendre directement aux consommateurs les produits alimentaires et de nettoyage uniquement.
  • Tous les autres produits devront être achetés en ligne et livrés à domicile ou être ramassés sans contact avec une pré-commande.
  • Circulation locale permise seulement.
  • Résultats anticipés :
    • Pas de flânage dans les magasins.
    • Plus d’équitabilité entre les entreprises.
    • Désintérêt pour les citoyens de parcourir de longues distances pour obtenir les mêmes produits partout.
    • Plus de flexibilité parce qu’on achète local et on encourage la croissance dans la communauté.

Je ne sais pas, moi. Probablement que ma vision de la situation est biaisée et limitée. Ce que je sais, par contre, c’est que les gens seront moins enclins à sortir, sans nécessité pour renforcer le confinement par les autorités, si ce qu’ils peuvent consommer doit faire l’objet d’une commande en ligne avant le ramassage ou l’expédition.

Je sais, vous allez me tirer des roches en me disant que ce sont encore les plus pauvres qui vont en souffrir parce qu’ils n’ont pas de cartes de crédits. Je vous répondrai que tout ce qu’on a de besoin pour vivre sera disponible en personne. Dans le meilleur des cas, le commerçant local pourra choisir d’accommoder le consommateur. Dans le pire des cas, le reste devra attendre.

Tout est éphémère au temps du #coronavirus

Cette situation est temporaire. Elle dépend des efforts que nous sommes prêts à faire pour limiter les dégâts. Pensez qu’il va falloir revenir au quotidien après la pandémie. Si votre localité a perdu 40% de ses commerces, vous devrez vous déplacer plus loin pour obtenir ce dont vous avez besoin. Je vous demande donc ce qui est préférable.

Je pense que pour certains d’entre nous, mettre la vie sur pause était nécessaire pour renouer avec l’essentiel. Le changement d’attitude et l’acceptation de la situation dépend de votre résilience et de votre volonté à changer votre  »mindset ». Regardez autour de vous. D’une façon, vous êtes le privilégié de quelqu’un. Être privilégié ne s’arrête pas à la fortune matériel accumulée au fil du temps et des efforts mis pour y arriver. Être privilégié, c’est vivre dans une société où j’ai le droit d’écrire cet article, où il ne pleut pas de bombes sur ma tête, où même temps de crise j’aurai toujours quelque chose à me mettre sous la dent, où même en temps de crise j’ai la possibilité de communiquer avec mes proches et de faire de bonnes actions, où j’ai encore le droit de mettre le nez dehors parce que je respecte certaines règles pour ma sécurité et celle des autres. Être privilégié, c’est être capable de penser à demain et de dénoncer certaines inéquités.

À tous ceux qui sont en survivance présentement, mes pensées sont avec vous. À tout ceux qui considèrent qu’on les a abandonnés, je vous envoie du courage. À mon ami jardinier, j’espère que cet article est un baume sur cette longue journée.

Je t’aime et j’espère que les gouvernements entendront votre appel. Oui, on va manger des légumes qui proviendront de plants que vous aurez produits ce printemps, parce que vous êtes essentiels à un Québec sain, autonome et bien nourri.

#monjardinierestessentiel

Je serais curieuse de lire vos solutions! SVP commentez, partagez cet article. On trouvera peut-être ensemble une solution.

Dee.

Un jour à la fois.