Le garçon invisible – Récit imaginaire d’un enfant avec des parents androïdes

Dans mon quartier, il y a un petit garçon tout rond et tout mignon. Il sourit à qui mieux mieux, d’un sourire figé pour se faire aimer. Il est souvent seul. Je le vois parfois à la fenêtre de sa maison. Il attend ou il regarde dehors. Il ne joue pas, il ne lit pas, il patiente.

Mais qu’est-ce qu’il peut bien attendre?

Ce petit garçon ne comprend pas ce qui lui arrive, il ne comprend pas pourquoi il se sent si seul.
Il n’a aucun frère ou sœur pour le divertir ou pour l’amener dans des histoires magiques qui l’extirperait de son quotidien. Pourtant, ses parents sont bien là.
Il semble qu’ils ne le voient pas. D’ailleurs, on dirait qu’ils ne voient personne. Ils ne discutent pas, ils ne jouent pas, ils ne s’engueulent même pas.
Une fausse harmonie, comme si tout le monde était de trop ici. Un silence à tuer l’amour.

Pendant que papa fini son repas devant la télé après une journée qui s’est étirée et que maman regarde son portable, que fait le garçon invisible? Il s’efface, de plus en plus. Il se dit qu’ils l’aimeraient probablement plus s’il ne les dérangeait pas, s’il se faisait léger et translucide. Mais c’est un petit garçon. Heureusement, il oublie….

Pendant qu’il joue sur le tapis au milieu du salon, il se laisse conquérir par son imagination et dans un élan de spontanéité créative, il invite ses parents à le rejoindre. Il n’a pas souvent la réponse qu’il souhaite, parfois, il n’a pas de réponse du tout. Alors, il se questionne. Pourquoi suis-je moins aimé par mes parents que les autres enfants? Qu’est-ce qui cloche chez moi? Il voit leur refus comme un autre échec. Il se sent coupable de ne pas « être assez » pour ses parents.

Pour se rattraper, il tente de leur faire des surprises. Le résultat est souvent un gâchis. Il se fait réprimander et dire qu’il « est de l’ouvrage », qu’il est « difficile ». Pourtant, son intention de rapprochement est pure. Il est contrarié. Pourquoi ne m’ont-ils pas pris dans leurs bras? Pourquoi ne m’ont-ils pas consolé après m’avoir disputé, même après que j’aie expliqué que je voulais leur faire plaisir?
Si ses propres parents l’abandonnent, son instinct de survie l’amène à tenter l’impossible pour se faire remarquer. Il sait qu’ils le voient quand il attire négativement leur attention. C’est la vrille descendante…

Mais c’est un petit garçon, il pleure puis il oublie… Heureusement, il recommence.

Parfois, ses parents sont tellement exaspérés que leur enfant ne se contienne pas qu’ils ne se retournent pas lorsqu’il les salue à la fenêtre. Quand il voudrait leur faire un câlin, on dirait qu’ils sont effrayés de plonger droit dans ses yeux pour s’apercevoir, voir leur propre reflet. Comme si l’image rendue les obligeait à changer, comme si elle les mettait devant l’évidence de la conséquence catastrophe des choix passés. Ils voient la lumière dans son regard, elle leur rappelle des souvenirs, les éblouit et leur donne la migraine. Ça leur fait tellement mal qu’ils préfèrent éteindre ce petit garçon, comme on le fait avec une lampe. Ils voudraient bien « tirer la plugg »…

Peut-être que ce petit garçon tout rond et tout mignon, cette grosse boule d’amour ambulante et collante, ne fait que leur rappeler douloureusement un moment de leur vie qui a disparu. Donc, ils le rejettent?

M’imaginer que j’ai raison me projette dans une telle furie! J’aurais envie de leur crier dessus, de brasser l’air et d’en faire une tornade qui les pourchasserait! Ils peuvent l’ignorer autant qu’ils veulent, il est toujours là. Il est là à les aimer de tout son cœur et à attendre qu’ils lui ouvrent leurs bras.
Vous, qui manquez d’amour pour vous-mêmes et pour les autres, il y a quelqu’un qui vous pardonne tout, vous donne une millième chance, allez-vous réellement l’anéantir? Pourquoi ne pas lui ouvrir pleinement votre cœur? Pourquoi ne pas vous donner cette chance de vivre d’amour? Quelle absurdité, enfin!

Il sera difficile de rattraper ce manque cruel de tendresse et cette incohérence.

Combien cela est-il incohérent de se faire rejeter par ceux qui vous ont mis au monde? J’imagine la solitude et l’impuissance qui pèsent sur cet enfant. La culpabilité s’apprend, vous en savez quelque chose. Comment rectifier le tir? Encore faut-il être conscient de soi-même et de nos sentiments pour apprivoiser ses craintes, en prendre la responsabilité et relever la tête pour croiser les autres cœurs sur la route.

On dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Ainsi, je fais ma toute petite part. Au parc, je le regarde dans les yeux et le salue au passage. Je lui souris et j’insiste pour qu’il comprenne que je le vois. Je l’invite à me retourner mes « bye-bye » quand je passe près de lui. Je l’incite à jouer avec mon fils et je lui dis aurevoir quand je pars. Autant de simples gestes qui changent de se faire laisser de côté.
Quand je pense à ses parents, il me vient l’envie de les ignorer et je l’ai fait. Pour me rendre compte qu’ils réagissent absolument de la même façon que leur petit garçon tout mignon, tout rond. Alors, j’imagine que je comprends.

Cette histoire me touche beaucoup et me donne envie de faire le maximum pour que mon petit se développe avec assurance et confiance en lui-même, en ses parents, les humains, les animaux et la vie en général. Elle me motive à demeurer vigilante dans ce que je dégage, ce que je donne et de quelle façon et à demeurer en formation continue de ma vie.

Merci.

Je considère comme ma famille, toutes ces personnes qui sont encore présentes aujourd’hui ou qui n’ont été que de passage mais qui ont eu un rôle significatif dans mon développement. Ces gens entièrement présents de cœur et d’esprit, qui possédaient le souci de transmettre leur amour, leurs valeurs, leurs idées un peu saugrenues, leur grain de folie, leur goût pour l’art et pour la vie. Je sais que la Vie n’offre pas le même départ à tout le monde. Ils me permettent de m’appuyer sur mes souvenirs et d’aller puiser l’amour dont j’ai besoin pour avancer.

Je ne te souhaite que du bonheur. À toi, la petite lumière dans la nuit.

À ce petit garçon tout mignon, tout rond qui deviendra grand, je te souhaite de bien choisir ta route, de bien t’entourer de personnes qui te veulent du bien, d’expérimenter consciemment la vie et de l’ancrer dans ton corps. Je te souhaite de sublimer ce manque de tendresse dont tu as souffert en compassion. La terre en a manqué cruellement, comme tu as manqué d’affection.
Je souhaite aussi que tu saches que ceux mis à plus rude épreuve, peuvent devenir des sources d’inspiration incroyables quand ils comprennent qu’ils font une différence pour eux-mêmes et que la puissance émane de l’intérieur.

Je ne peux ignorer cet enfant qui n’a pas choisi de grandir dans un contexte aussi pauvre en échanges humains, en communication d’ouverture et d’amour sans condition. Je partage ce récit aujourd’hui parce que je crois sincèrement qu’une prise de conscience peut tout changer. J’ai été élevée pour dire la vérité et l’apprécier même quand elle s’abattait sur moi comme une tonne de briques. À ces parents qui sont dérangés par leurs enfants, à ces parents qui préfèrent leurs téléphones intelligents alors qu’ils peuvent passer du temps avec leurs enfants et à nous tous qui ne prenons pas suffisamment de temps pour ceux que l’on aime, je nous dédie ce récit.

Retour au travail après un congé de maternité | 5 Trucs et astuces pour un retour en douceur

Les joies de la maternité ? Elles sont nombreuses ! Rassurez-vous, je ne suis pas ici pour vous combler de bonheur par association en vous faisant la liste de tous ces petites choses qui font que les parents s’émerveillent chaque jour.  Remarquez, on s’énerve aussi.

Avoir des enfants c’est merveilleux (Ah ? Je l’ai déjà dit ? Sûre ? Oui, bon…). Ok, mais ne perdons pas de vue que nous reviendrons éventuellement à la routine calèche-boulot–insomnie. Cette année de miel va inévitablement se terminer.

Pour la petite histoire et pour ceux qui se joignent à nous, c’est mon deuxième enfant et donc deuxième retour au travail. Le fait de savoir à quoi m’attendre m’a aidée un peu. Je n’ai pas trop pleuré cette fois-ci. Je découvre cependant que la maternité m’habite désormais 2 fois plus et que j’attends de l’univers qu’il me donne le moyen de retourner auprès de mes enfants le plus tôt possible, chaque jour.

J’aimerais avoir un emploi qui me permette de les garder avec moi une majeure partie de la semaine, mais est-ce que c’est réaliste tant qu’ils sont totalement dépendants? Je n’en suis pas certaine. Si vous avez une solution, svp, inondez-moi de vos commentaires que je puisse faire des changements à ma situation. Note à mon employeur actuel : je ne quitterai pas à court terme, je n’en ai pas les moyens. Inutile de vous inquiéter. 😉

En attendant, je vais profiter de mes temps de pause ou de dîner pour me libérer de mes émotions et retourner la situation en quelque chose qui va m’apporter plus que des soupirs. Alors, pour une conversion tout en positif et pour aider d’autres parents qui vont inévitablement passer par là, laissez-moi vous partager quelques trucs.

Les 5 meilleurs trucs et astuces pour un retour au travail plus en douceur

Partagez vos inquiétudes et vos difficultés avec Kekun

Kekun est ben fin parce qu’il est toujours là. C’est celui qu’on choisi dans l’urgence, celui qui nous écoute brailler comme un veau ou rire tellement qu’on en morve.  Tu dois aller voir Kekun pour extériorisez ce que ça TE fait vivre. SANS CULPABILISER. Ça se peut que tu le vives super bien ton retour au travail et que tu frémisses de joie en pensant à chaque dîner chaud que tu savoureras sans interruption. Il n’y a pas à avoir honte d’embrasser son retour au travail. Si, au contraire, tu brailles chaque matin en déposant les enfants à la garderie ; c’est correct aussi. Partager avec Kekun va t’aider à te remettre à respirer, à mettre de l’humour dans la situation pis peut-être d’entendre des trucs qui vont t’inspirer ou te révolter: but recherché atteint ! Tu as changé de « mood ».

Autre point positif, certaine personne vont peut-être pousser l’audace jusqu’à te dire quoi faire, te proposeront peut-être des échanges de services ou montreront un intérêt à t’aider. Un conseil: écoute sélective et vraie. Prends ce qui fait ton affaire mais ouvre quand même tes oreilles à ce qui est vrai (même si c’est dur ou que ça t’écorche au passage). T’es plus fort(e) que ça, t’es un parent.

Entendez-vous avec votre partenaire de vie sur le déroulement des journées

Ici, JE ne suis clairement pas du matin.

Moi. Avant mon café du matin.

Mon partenaire s’occupe des enfants le matin, ce qui me permet d’être au travail très tôt et de prendre les enfants de bonne heure après leur sieste. Ça me donne un sentiment de liberté. De son côté, le plus souvent, il arrivera quand le souper sera prêt et la routine du bain presque achevée. Gagnant- gagnant.

Tu es monoparental ? Peut-être que quelqu’un dans ton entourage pourrait te donner une petite pause dans ta semaine ? Tu sais, aller chercher les enfants et entamer la routine du soir avec eux. Retour au Truc numéro 1. Si tu ne parles pas de ce que tu vis, personne ne peut t’aider ou te proposer de solution.

Prévoir la journée du lendemain

Tellement cliché mais tellement vrai ! Essaie d’aller vite pour faire un pâté chinois avec un bloc de bœuf haché congelé et des patates germées ! Essaie d’arriver à l’heure à la garderie quand ton bébé s’est réveillé toute la nuit, qu’il ne reste plus de lait pour déjeuner et que les bas son tous au lavage. Il faut apprendre à inclure dans les routines du soir Ton TO DO liste pour le lendemain :

  • Lunchs (pour les parents aussi !)
  • Linge pour TOUT le monde (ça inclue toi aussi le parent)
  • Accessoires pour activités prévues à la garderie
  • Purée (si encore nécessaires)
  • Tout ce que la garderie a mis sur ta liste
  • Écrire ta liste de tout ce que tu dois aller chercher pendant la journée ou après le travail.
    • Oui, parce qu’une maman de deux enfants, travailleur à temps plein, ne doit jamais manquer ni de cache-cerne ni de mascara.
  • Calendrier (est-ce qu’on a des rendez-vous, demain ?)

N’hésite pas à ajouter quelque chose que j’aurais oublié en écrivant un commentaire !

Planifier un temps pour souffler

Une autre raison qui peut forcer de la joie dans ton cœur de mère obligée de retourner travailler c’est que tu as peut-être des espaces au travail pour faire quelque chose que tu aimes et que tu n’as pas le temps de faire à la maison. Peut-être que ton entreprise offre un gym aux employés?

Peut-être que tu as une pause de 15 minutes dans ta journée qui te permet de commencer la lecture d’un livre que tu as envie de lire depuis longtemps. Peut-être aussi que tu as besoin de prendre l’air et que de sortir dehors pour marcher. Parfois, on peut combiner marcher ET faire des courses (astuce numéro 3).

Tu DOIS trouver un moment dans ta journée pour prendre conscience de ton corps, de ta respiration et de ta personne. Tu t’es beaucoup donné(e) à ta famille dernièrement. C’est le moment de réécouter ta voix intérieure qui te rappelle ce que tu aimes faire et qui tu es d’autre qu’un parent. Personnellement, je décompresse surtout en allant marcher ou en écoutant de la musique « au bout » dans l’auto et en chantant (hurlant) en revenant du travail.

Prendre un 15 minutes dehors avec les enfants au moment du retour.

Dernier truc mais non le moindre. Tu viens d’aller les chercher à la garderie, ils sont normalement habillés pour affronter la température. Fais donc un détour par le parc ou reste dehors à la maison pour jouer un petit 15. Ça empêche de passer d’un stress à l’autre sans s’arrêter. Ça montre à ton enfant qu’il est ta priorité parce que la première chose que tu fais en allant le chercher c’est de jouer avec lui. Même si ce n’est pas long. Même s’il voudrait rentrer et écouter la télé. Même si t’es crevée et que tu vois juste tout ce qu’il y a à faire en rentrant. Tu en as de besoin et ton ti-pet aussi. Rassure-toi, le 15 minutes passé ici va t’en faire sauver minimum autant dans la soirée. Ton mini va être plus relax, plus satisfait et plus en confiance. Tes messages vont mieux passer parce que tu auras su être à l’écoute. Surtout si ton cell est demeuré dans tes poches pendant ce 15 minutes-là. Je dis ça, je ne dis rien….

J’aimerais t’entendre sur les trucs qui t’aident ou t’ont aidé à faire la transition entre le congé et le retour au travail.

C’est ma première semaine et je vais prendre toute l’aide que tu pourras me donner.

Nous sommes des parents. Nous restons positifs et nous nous entraidons. (nouveau mantrat à adopter si tu veux.)